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AàA - (Appel à Auteurs)

Soucieux d'élargir les rangs de son orchestre verbivore, le collectif de poètes dixit est à la recherche de nouvelles voix. Alors, que votre tessiture soit électrique, végétale ou baroque (qu'importe le timbre, pourvu qu'il y'ait ivresse!), n'hésitez pas à vous manifester sur notre boîte mail collectifdixit@gmail.com ou par voie postale à l'adresse suivante: Service de Gestion des Manuscrits, Association Dixit, 6/8 place du Pont-neuf, 31000 ToULoUSe! Nous rappelons qu’une porte reste ouverte sur le n°6 de notre revue jusqu'au 7 janvier 2008, et qu'il vous suffit d'y frapper avec, dans votre main libre, un manuscrit d'au moins 60 pages. Nous nous ferons un devoir d'y jeter un coup d'œil avant d’envisager un éventuel coup de main (ou de pied).

mardi 20 mai 2008

en son ombre, elle pèse

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de n'avoir su voir en face, elle se rit de nous épier en son miroir, comme transversale, en tumulte, comme heurtée, et adossée contre le ciel ; ou contre le jour, car c'est ici que l'on penche, c'est ici qu'un signe d'évidence était venu la frapper ; et nous qui jamais n'avions appris à lire autre chose que l'étoile et la terre, nous nous sommes amassés, nous nous sommes mis sur les chemins du retour, nous avons bifurqué, puis voulu resurgir ; y étions-nous seulement, à son ombre, avec nos mots en feu, y étions-nous, proches, si proches, mais en mouvement, mais entre silence et tarissement du silence, ou au moins, entre le chien et le loup de ses reflets à elle,
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à elle, elle dont le nom ne disait rien sinon le vertige, que l'on y chute, que l'on se tombe l'un dans l'autre, si seulement elle ne s'était cassée le visage pendant que nous lui avions tourné le dos, qu'elle y plante sa voix,
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elle se prit de terreur, elle se rompit les nerfs, avant de chercher refuge dans nos bras déjà pour les autres,
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sauf pour elle,
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c'est qu'avec son image, elle reste le seul interstice de nous à nous, notre puits et notre échelle, y sera-t-elle alors, au ras de l'eau
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elle qui habite le thorax, elle qui avait reconstruit la berge, oui elle, ayant appris à être trois, y sera-t-elle, ainsi soustraite à elle-même, où les lignes se croisent et les canaux affluent, où nulle autre part ne résonne au fond de la gorge,
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quand elle se réveille aux extrêmes, elle attend que s'ouvre à nouveau le soupirail, une apparition peut-être, ou elle se retarde, la bouche emplie d'un cadavre ; elle se calmerait, si nous le lui disions, le futur s'est levé dans la nuit, il a rompu avec les vieilles habitudes, sans cesser de défaillir ; elle surplomberait l'équilibre de son regard, elle aurait pour elle une porte ouverte sur nos brèches et les rebords de la fièvre, que, vers midi, nous y puisions les routes communes, le berceau de nos confidences, et la mémoire de notre corps ; en son horloge, elle pèse,
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samedi 17 mai 2008

Chronique Balkanique

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Le Collectif Dixit et la Librairie Terra Nova
vous proposent :
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vendredi 6 juin à 19h30
dans le cadre de Rio Loco 2008
une lecture de poésie des Balkans
(entrée libre)

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Une fois par trimestre, la revue Dixit vous donne rendez-vous à Terra Nova pour une soirée consacrée à la lecture de poètes d'ici et d'ailleurs. Dans le cadre du festival Rio Loco, les poètes du collectif Dixit ouvrent les portes de leur bibliothèque et vous proposent un itinéraire poétique dans la région des Balkans. La « Balkanie », comme aire culturelle, offre une poésie à son image, intense et diverse, aux accents inquiets, aux notes d'espoirs, une poésie où la parole des hommes se confond avec le bruit du monde.
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mercredi 2 avril 2008

en cours

1. poème dans le feu puisque renversé à sa propre frontière ——————— au centre malgré tout comme l'eau avait fait mouvement 2. main prise dans la racine qui s'imprime qui se creuse autour de la feuille ——————— à cette main, il lui manquait encore la langue 3. au terme de ce cheminement ——————— matière de l'air, pour civiliser 4. quand l'humanité, de son horizon nucléaire, traversée, ——————— n'eut cesse de viser sa propre cécité 5. (désormais aveugle, ne t'en vas pas aux suppliques ——————— que tu n'y succombes, rappelle-toi que tu peux te mettre au profit de toi même) 6. sol qui se dérobe (au sol) mieux bâti que la maison (elle penche ——————— de son inclinaison bienvenue) 7. tarir avec le corps la politique asservie de notre parole la retirer du centre pour la poser sur l'au bord 8. (évidence n'est déjà plus qu'en son autre versant ——————— oubli) 9. pour le contentement après le détour comme arbre sous la neige ——————— sois paysage à ta portée, un lieu-dit 10. pour combattre, nous avons l'instinct insuffisant car dénué de pratique, si proche de ce mot le désir (détournement)
21. parler à l'écart avec l'autre nom de la matière, ou faire front, faire acte ——————— fendre dans la pierre sa maison 22. au regard de l'arbre, c'est par la pensée que nous allons, que le corps vient ——————— qu'il s'adresse en d'autres mots, qu'il danse 23. (l'eau qui a été troublée entre en résistance) 24. il faudrait dire quelque chose de l'animalité si seulement ce ne fusse qu'incertain (voire éventuel) 25. arrondir chaque mouvement que circule ——————— l'inattendu désordre des choses 26. et ne plus prendre en défaut l'infatigable travail de notre saison 27. (il nous faudra bientôt apprendre à mieux mourir) 28. s'il n'en tenait qu'à l'eau, elle se ferait miroir à jamais ou peut-être l'élan du regard (ainsi elle danse ——————— nous dirions qu'elle pense) 29. au terme irrésolu du chemin, il y a le vase ébréché, le presque clos continuation du verbe être 30. faisons de la roue et de la corde nos enseignements

vendredi 23 novembre 2007

la disparition







derrière le mur, .............. la porte
................................................................ en avant de toi
comme sous le masque, ............................................................. de
................................................................ ce qui reste

................................................................ tu me tiens
que je ne m’efface
................................................................ tu me tiens,
dans ta voix absentée
................................................................ à l’envers des signes
du jour,
que je ne me soustraie
................................................................ brisée
................................................................ ou incurvée
............................................ hors de moi
de toi.............................................................du jour et de la nuit
................................................................ pour me concurrencer
il te faudrait ....................................................................... des clefs
................................................................ des bords
................................................................ des débords de
................................................................ falaise
le voudrais-tu que
................................................................ je te désire
le voudrais-tu encore,
................................................................ la marque du soleil ................................................................ sur
l’épaule, et
le corps étreint
................................................................ le sexe ................................................................ brulant
d’alors
................................................................ ce n’était pas le désir
à peine une silhouette ....................................................................... son semblant
................................................................ sa trace ................................................................ son reflet
ta poitrine, le sais-tu
................................................................ je ne m’en souviens
plus
................................................................ plus rien que
non
tout
................................................................ tout m’a été oublié ................................................................ sauf
le désir
................................................................ à moins que ce ne soit
................................................................ déjà plus que
................................................................ l’ombre
................................................................ que la surface couchée du corps,
ce qui pèse
ce qui finit par imprimer
à l’endroit
ou
................................................................ toi ................................................................ ou moi en
................................................................ toi
................................................................ dans le
................................................................ ventre du ................................................................ souvenir
du consommé qui ................................................................ voudrait encore
nous ..................................................................... prolonger
encore .................................................................. une fois de plus
................................................................ il y a ................................................................ une porte
................................................................ dans la tête
........................................................ une
possible ................................................................ autre porte ................................................................ pas toi
une possible ................................................................ autre porte
................................................................ toi encore une fois
qui a changé de visage................................................................ plus clair ................................................................ ou
plus étanche ................................................................ dans l’oubli
................................................................ car moi-même je ne sais plus ................................................................ très
bien ................................................................ qui je suis ................................................................ autre que toi
................................................................ l’identique
car
en toi
je suis ................................................................ encore
................................................................ voudrais-tu
................................................................ que je me ressemble
................................................................ que je me chasse
ou m’effaceras-tu ................................................................ de toi même
pour aller plus ............................................................. loin
que moi
détourne ................................................................ ta main
de
mon sexe
puis mange ................................................................ mange moi
le voudrais-tu
................................................................ que je ne puisse
plus ôter
................................................................ la trace indélébile que
................................................................ tu ................................................................ m’as laissé
malgré le déni................................................................ tu es là
................................................................ tu
................................................................ me tiens
dans la porte
aujourd’hui, je suis
dans la porte
et plus
................................................................ entre tes cuisses
et là
aujourd'hui,
................................................................ lequel s’endort ................................................................ loin de toi
................................................................ entre tes cuisses
je ne le sais ................................... j'y pense
................................................................ je le pense
car
tu me tiens
................................................................ malgré lui
................................................................ comment
.............................................. faut-il que
................................................................ je m’efface
......................................... pour te savoir
................................................................ apparaitre
................................................................ à nouveau ................................................................ en lui
car
................................................................ je veux que tu m’oublies
................................................................ je veux
que
................................................................ tu te laves de moi
oublie-moi .......................................................................... lave-toi de moi
déracine ma voix
enlève mon sexe de ta main ................................................................ déloge-moi
................................................................ ou invente un pays
................................................................ sans langue
................................................................ et sans nom
à l’écart
................................................................ je ne suis plus celui là
je ne veux plus être ..................................................................... celui que tu
................................................................ tiens
dans ta bouche
je ne veux plus être ..................................................................... celui que tu
................................................................ tiens
dans ta
main
je ne veux plus ................. que tu me penses
................................................................ je ne veux plus
manquer
je ne veux plus
te manquer
..................................................................... oublie moi
car
je n’ai plus de soleil ......................................... seulement des mains
................................................................ pour les autres
................................................................ des paroisses
................................................................ en jachère




aôut 2007, toulouse


dimanche 18 novembre 2007

Pages de Tunis - 181107


pour Z.




Enlever le jour, sur soi. Cacher le soleil dans un puits. L’ensabler de pierres. S’allonger. Face à l’autre. Entre un homme et une femme. La nuit coule, les yeux fermés. Pudique, face à leurs nudités. Leurs corps. Leurs corps. De tremblements, et d’étonnements. Qui aurait pu imaginer. Qu’un sein pouvait tenir dans une main. Q’un sexe pouvait tenir dans une bouche. ? . Comme l’eau qui tient dans l’argile. Par miracle.

Non.

Par désir.

D’habiter sa propre soif. Marginale.


Cette nuit-là. Tu as habité ta soif en moi. Tu as dormi. Sous ma langue sèche et chaude. Tu m’as traversé. Un invisible traverse l’écorce d’un arbre. Je ne pouvais te voir. Sauf, sentir, ta matière, en mue. Dans l’ombre. Ombre de chair. De terre. Soluble. Friable. Quand la fièvre se lève du corps. Quand elle se lève. Et qu’elle te traverse.

Invisible.

Traversant la mémoire rocailleuse d’une montagne. Aux côtés d’une fourmi. Perdue.


Tu n’as allumé, aucun feu. Pour te réchauffer. Tu n’as partagé aucun pain avec hier. Ou la parole. En deuil. Il n’y eût pas de musique de mélodie. Pour la forêt. De chênes. D’eucalyptus. De pins… Tu t’es endormie. Depuis ma bouche. Jusqu’à mon oubli. Puis tu t’es levée de mon corps. Et tu es partie.

En emportant.

Le rêve que tu avais fait en moi.



Je ne me rappelle. Rien. De toi. Même lorsque je regarde l’étoile. Pousser son dernier souffle.




Un dimanche à midi.




vendredi 16 novembre 2007

15/11/07

baroque/carafe/tourne-boule/mange/cible/correctement/musc/caca
narine/parenthèse

Tandis que mes narines se font baroques sous le parfum poivré du musc et que les parenthèses s'affolent dans des carafes cuivrées, je mange la cible qui menace correctement mes muscles et la digère en flèches de caca que tournent-boulent déjà un régiment de sel égaré sur une plage sans eau ni chair.

gaspar de la nuit


simple/breuvage/épilepsie/central/vertèbre/cou/manger/renouveler
déboire/noué

Une simple épilepsie
Vertébrée
Qui ne sert qu'à manger
Le breuvage
Simple car distordu
Ou point central au point central
Renouveler les déboires
Et prendre la mer

Ingrid Bricquet


caractère/ébréchés/explorer/puisque/éventration/subvenir/vin
croix/rarissime/lourds

L'errance est posthume
rarissime, de racine à racine
de ventre en ventre
comme à saute-mouton sur la mort

Au présent, seul le carrelage rassure
Face contre-terre
Ses croix et ses angles lourds
inventent des voyages ébréchés
La symétrie est votre guide
Comme une éventration
entre le vomi à explorer
et le vin caractérisé
Puisqu'il faut subvenir
autant dormir.

Anthony Clément


échappée-belle/attention/verre/monstre/idée/raccourci/genre/rouge
malmené/après

Idée du monstre en soi
qui dévore à grande vitesse
le genre humain (après) avant avec
après un bon verre de rouge
un monstre c'est un chanteur pour
faire simple - dans ses envolées
lyriques - sans raccourci entre deux notes
malmené par le rouge émotion

Matthieu Marie-Céline


plaine/vague/non-lieu/parenthèses/engeance/terrain/errer/courir
réduire/rester

Un vague non-lieu,
parce qu'à vrai dire, c'est entre tes parenthèses que je t'apprécie le plus :
Un peu flou, un peu usé, sans réduire les marges, sans même y penser.
Echouer ou réussir, entre courage et lâcheté, c'est le même terrain pour une même engeance : les montagnes russes du déplaisir puis la plaine du désarroi, le cheminement abstrait des élites du désespoir.
Cette errance-là, elle ne te ressemble pas.
Entre rester et courir, il y a entre. C'est là que je me déshabille.

Emilienne Eigeldinger


jeudi 15 novembre 2007

Pages de Tunis - 151107


à Bertrand C.

avec une pensée pour Marie T.


Je t’appelle. M’entends-tu ? Lève-toi. Parle, arrache ce serpent de ton ventre, que je le mange. Il fait froid. Sous tes paupières. Tu es blanche, un nuage passe sous ta peau. Tu as froid et j’ai froid. Je te couvres de moi et tu me couvres de toi. Tu n’es plus eau. Je ne suis plus terre. Nous nous neigeons l’un dans l’autre. Et tu as encore plus froid. Et j’ai encore plus froid. Entends-tu ? Parle-moi. Me sens-tu ? Attends-moi. Fait-il froid, là-bas. Aussi ? Que dois-je faire ? Dis-moi. Parle-moi. De là-bas. Attends-moi. Ta main s’effrite comme la lumière d’une étoile dans un ciel d’été. Te rappelles-tu quand nous avons compté les clins d’œil que la nuit nous a lancé ? Ta langue ne fend pas dans ma bouche. Me sens-tu ? Me sens-tu arrachant le serpent de ton ventre ? Entrailles de tes entrailles. Tu es glacée. Je gèle. Il fait noir. Tu n’es plus que l’écho de ton prénom. Je ne te vois plus. Où es-tu ? L’avez-vous vue ? L’avez-vous vue ?


Un jeudi à quatorze heures.


lundi 12 novembre 2007

Editorial, par Anthony Clément



Une nouvelle année
pour la revue dixit ! la deuxième. Comme le veut la coutume, je, et à travers moi toute l’équipe de dixit, tiens à vous remercier, lectrice-eur-s, public. Grâce à vous, nous sommes heureux de nous dépasser d’une année supplémentaire et commençons déjà à penser à cet adage qui dit qu’au deux succède le trois.

Entre vos mains curieuses de se demander « c’est quoi au juste cette revue carrée qui s’ouvre dans les deux sens ? », voici le numéro 5, le nouveau dixit dans sa nouvelle formule, son nouveau format. Toutefois, pour nouvelle que soit la présentation, et si la revue, comme toute chose en ce monde, change, mue et se transforme, reste le combat, le même, depuis le début, celui qui creuse plus profond et en plus grand nombre des tranchées poétiques dans nos langues natales et dans tous les discours où l’haleine, mauvaise ou courte, soumet la parole.

Dans cette époque où l’urgence est dans la révolte contre les cathédrales du profit et du bénéfice à l’infini, dixit se propose de donner libre aboiement aux espoirs inquiets, aux arbres penchés pour reprendre, à mon image, le bel hommage d’Emeric de Monteynard. C’est que notre politique se considère dans le chemin de traverse, dans les épines et les ébranlements, dans les derniers sursauts d’un révolu moribond et les architectures du souvenir qui arrive, pour tout dire dans l’inadvenu à découvrir. Se pourrait-il d’ailleurs en être autrement dès lors qu’il s’agit de paroles et d’adresses ?

En privilégiant les jeunes auteurs, dixit ne cherche pas pour autant à être témoin, sinon support, de l’actualité poétique. La poésie n’est pas actuelle, elle demeure, outrepasse les temps comme tentent à le faire les guerres, en posant aux côtés des antipersonnelles ses mines de lucidité. Jeunes auteur-e-s, jeunes poète-sse-s, c’est à nous que revient la mission d’aiguiller le ciel pour tous ceux qui respirent encore, faute de pouvoir ressusciter les autres ; c’est à nous de détruire jusqu’aux substructions mêmes des pensées qui atrophient, et de reconstruire. Ce n’est pas la poésie qui est dissidente, c’est tout le reste qui l’est, c’est la vie de tous les jours qui l’est dans sa constellation d’images et de signes prostitués, dans ses meutes de fantômes, dans son iniquité légale et dans ses injures polies.

Avec politiques et la traverse, ces deux recueils qui se font face, et au-delà de leurs auteurs respectifs, Pierre Hunout et Simon Jarder-Ange, c’est un dialogue tête-bêche que nous vous présentons, car, qu’il soit fictif, imaginaire ou réel, présent ou absent, intime ou étranger, sans l’autre la poésie n’a plus de sens, sans l’autre le monde est hors-sol. Dès lors, qu’ajouter si ce n’est que dixit s’est échafaudé naturellement, avec et par les ami-e-s qui se reconnaissent comme tel-le-s ? Et que tenter de l’expliquer reviendrait, en ce qui me concerne, à parler à voix haute à mon corps. A tous les corps. Parler de dixit reviendrait à crier mais en dehors du papier, à crier l’en-dehors du papier, à crier vos textes, poète-sse-s, à les chuchoter, ami-e-s, à ouvrir tous vos tiroirs, là où se cachent les étoiles qui ouvrent les chemins.



mardi 23 octobre 2007

Il faudra suivre (2)...



lundi 15 octobre 2007

Il faudra suivre...



Le samedi 3 novembre au Cabaret Clan Destin à Livernon (village qui se situe à 1/4 d'heure de Figeac dans le Lot) se déroulera la seconde soirée des «Cornouillers Pessimistes» durant laquelle Dixit proposera une lecture. Vous y retrouverez des textes de gaspar de la nuit, ismaël, Pierre Hunout, Anthony Clément, Emilienne Eigeldinger, Matthieu Marie-Céline, Charline Malaval & Ingrid Bricquet.

Les lecteurs eux-mêmes seront gaspar de la nuit, Matthieu Marie-Céline, Ingrid Bricquet, Anthony Clément & Emilienne Eigeldinger.


Le PAF est fixé à 3€.


Mais voici le programme...

Dès 18h...


« Histoire de l’Incongru : Opus Suite »


- Pré-Organe de l’Incongru :


DIXIT + TROUBADOURS CONTEMPORAINS

Le poids des mots, la poésie des mots, l’ordre des mots, l’odeur des mots, la couleur des mots, la couleuvre des mots, le beurre des mots, l’argent du beurre des mots et le cul de la crémière des mots, la rencontre improvisée entre les tourneurs de bruit et les diseurs des mots.


..PEDILUVE BANQUISE..


Lancera la grande échelle à destination du Grand Perdu. Un événement acoustique dans l’enveloppe d’un toboggan. Plus drue sera la « chut ».

REPAS


- Post-Organe de l'Incongru :



CHRRR GRRR VRRR GRRR

Les enfants de chœur ont avalé leurs membres par mégarde. Le poids du remords les a forcés à choisir entre un angle flasque et noirci de la juste façon. « Quand l’improvisation flirte avec Néanderthal ».

dUX

La électricité achète des croissants à la sortie de l’école, mais la sortie de l’école n’a pas très faim. Les silences et le reste. Le silence et les restes.

ARTEMISIA ABSINTHIUM

Ogre tire le pantalon du pouvoir d’achat. « Tousse fort ! »


BOUCHTROUBOULI PROJECT

Tarte à la sonore. Yeux les grands... Valeur ajoutée de doigts dépêche le Fourbe. Un attachement fébrile réduit, à l’occasion, certains.


En espérant vous voir nombreux... à cette soirée apocalyptique.


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Merci à Florian qui a écrit ce mail de présentation et qui s'occupe de cette soirée.
Pour toutes informations, vous pouvez le joindre au 06 10 90 65 01 ou sur cette adresse nastorg.florian@hotmail.fr.


Pyromane

A la lisière de la parole, c'est toujours ma solitude que je rencontre.

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Incandescente.

lundi 8 octobre 2007

Merci!

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Vue d'ensemble

Matthieu Marie-Céline

gaspar de la nuit & Charline Malaval

Ingrid Bricquet & Emilienne Eideldinger

gaspar de la nuit

Anthony Clément

Charline Malaval & gaspar de la nuit

L'équipe de dixit tient à remercier toutes les personnes présentes à cette soirée de rentrée littéraire/sortie de la revue n°5 de ce jeudi dernier.

Nous avons été ravis de vous accueillir et de partager avec vous le fruit de nos efforts et notre amour (commun) de la poésie.

Puissions-nous nous revoir aux prochaînes lectures... Qui suivront sans aucun doute, cette première de la saison.

Nous vous laissons ici, pour le moment, avec ces quelques photos, qui retracent l'ambiance de ces heures passées ensemble...

Et nous remercions également, de ce fait, Thomas Lafon (gros_mandarin@hotmail.fr) qui a pris ces belles photographies.

Vous pouvez en retrouver la totalité ici .

A très bientôt.

Affectueusement,

de la part de chacun d'entre nous.

vendredi 5 octobre 2007

Pages de Tunis - 051007



A Benjamin, mon frère.

Avec une pensée pour Maya Jribi & Néjib Chebbi.


Le soleil. Est sa propre faim. Sa propre, soif. Il ne sème rien, que son mutisme. Mouvant, comme la langue du sommeil.

Ses yeux boivent, la seule cécité, bourgeonnant, de ses yeux.

Il n’entend pas. Le soleil. La lumière sourdre et dormir sur l’herbe. De sa propre eau salée. Il n’entend, que l’écho, de l’éclipse à l’intérieur de sa peau.


Tu as appris du vent, la manière d’éplucher. Les dernières peaux mortes à la surface de ta peur. Sa manière de lacérer, de lécher, de lamper. De sur les yeux qui désirent l’oubli, les poussières ancêtres. Tu as appris, tu as appris l’étoile, par cœur. Tu as caressé la parole jusqu’à ce qu’elle s’effeuille. Sous ta peur. Jusqu’à ce qu’elle rejoigne la neige. Cassée par le feu. Jusqu’à ce qu’elle la rejoigne, dans le rêve. De l’arbre.


Que t’écrire ? Toi qui as faim. Qui sème ta faim. Toi qui te meures de ta propre faim. Que t’écrire ? Toi qui récoltes la faim. Toi qui te survie à ta propre faim.



Un vendredi à treize heures et quinze minutes


dimanche 16 septembre 2007

Pierre Hunout



Toi,

toi, qui tutoies la révolte jusqu’à en faire une demeure où loger ta langue, à jamais réfractaire, à jamais assoiffée ; toi, qui t’es départi de ton corps pour en faire le versant de ce poème inachevé qui tremble encore sur le sentier des mémoires ; toi, dont la langue exilée défriche sans jamais déchiffrer le mouvement souterrain de la colère pour qu’il devienne secret palpable sous la lumière du jour ; toi, dont le plexus resté solaire irise de sa marche les courants opposés ; toi, qui rassembles, à l’intérieur d’une pierre, les trois visages du souffle pour jeter à la face du siècle nos singuliers mirages ; toi, qui fais de chacun de tes mots un pays, ou mieux encore, un isthme dans lequel aucun drapeau ne viendrait troubler la course du vent ; toi, qui scindes la matière en deux pôles pour que les miroirs s’égarent et se rencontrent enfin ; toi, qui cherches désespérément à te ressembler quitte à ne plus te reconnaitre et qui trouves dans l’ombre de quoi solder ton vertige,

je te salue et fais mienne ta révolte que j’emporte dans mon ventre comme une pierre que je ne saurais, ni ne voudrais digérer.


Benjamin Alexandre, Toulouse, juin 2007