AàA: Appel à Auteurs

Soucieux d'élargir les rangs de son orchestre verbivore, le collectif de poètes dixit est à la recherche de nouvelles voix. Alors, que votre tessiture soit électrique, végétale ou baroque (qu'importe le timbre, pourvu qu'il y'ait ivresse!), n'hésitez pas à vous manifester sur notre boîte mail : collectifdixit@gmail.com ou par voie postale à l'adresse suivante: Service de Gestion des Manuscrits, Association Dixit, 6/8 place du Pont-neuf, 31000 ToULoUSe!

vendredi 20 novembre 2009

Howl de Allen Ginsberg à la Loupiote - 19h00

nouveau cycle de lectures pour dixit en cette saison 2009/2010
et en ouverture, Howl de Allen Ginsberg

rendez-vous nombreux le mardi 1er décembre
à la Loupiote - 19h
39, Rue Réclusane 31300 Toulouse
métro Saint-Cyprien

cliquez sur l'image pour agrandir

samedi 13 juin 2009

writers on the storm

"writers on the storm"

samedi 20 juin

lecture rock n' roll
autour des textes de Jim Morrisson, Patti Smith et Bertrand Cantat

21h
au cherche-ardeur

voix: laurence barrère, pierre hunout,
musique: jérémie chevet

nox & dia

concert
poésie et musique

vendredi 19 juin
20h30


à l'impro (rue gambetta, tlse )
***

poèmes + basse électrique : pierre hunout
poèmes + contrebasse : matthieu marie-céline
violoncelle : marion tiberge
guitare + effets : jérémie chevet

samedi 30 mai 2009

" autour du Maghreb "


Dixit et Terra Nova

présentent
dans le cadre du rio loco 2009

" autour du Maghreb "


le jeudi 4 juin 2009 - 19h00
à Terra Nova, 18 rue gambetta

entrée libre

lecture de poèmes contemporains
algériens, marocains, tunisiens
(Abdellatif laâbi, Tahar Bekri...)


vendredi 22 mai 2009

nous avons le vertige au pied des montagnes


à l'occasion de la sortie du n°7 de sa revue,
le collectif dixit et les Musicophages
vous invitent à une lecture-apéro


le vendredi 29 mai - 20h
à la
Médiathèque Associative
[6 rue de la bourse]


entrée libre

lecture des poèmes de
Marc Perrin, Laurence Barrère, et Ismaël

samedi 18 avril 2009

à paraître - dixit n°7







éditorial dixit n°7, par Anthony Clément




Mes amis nous avons le vertige aux pieds des montagnes


Je ne sais plus écrire d’édito à la première personne. Je n’essaie plus. Dès qu’il s’agit d’annoncer une nouvelle parution de Dixit, de présenter les voix nouvelles, comme celles de ce numéro 7, c’est ma voix mêlée à celle du Collectif, à celle des membres de l’association qui parle, une voix plurielle, charriée tout à tour, une voix dédaléenne comme le poème, une voix-énigme précisément qui souhaite remercier nos ami(e)s poètes, libraires, agitateurs en tous genres qui nous reçoivent pour nos lectures, soutiennent la revue, participent.
Est-ce possible d’user d’une toute aussi singulière pour parler de la singularité d’une voix ? je n’essaie plus d’y répondre. Parler de l’autre au travers de soi est la charge du critique ; or ici ce n’est pas un magazine mais une revue.

Mes amis nous avons le vertige aux pieds des montagnes. Peu l’importe mais l’auteur peu connu est à reconnaître, ismaël, et avec lui, avec Marc Perrin et Laurence Barrère qui le précèdent dans ce numéro, nous touchons en la poésie révélée et en dixit cette langue commune du partage, cette parole qui promptement met à l’index son propriétaire, son auteur, pour nous faire tous bénéficiaires de ce legs qu’est le poème.
Toute parole qui retourne la terre porte sa soif. Un autre vers pioché, un autre terreau, mais encore toute l’énigme et la proposition de la poésie. Le singulier des langues de chaque poète ici fait écho aux autres et à cette voix dédaléenne, approche la parole du grand poème collectif qui continue à s’écrire, reliant poètes et poèmes entre eux depuis l’énigme de la création aux propositions les plus actuelles, comme les suivantes.

Un texte et deux recueils, deux nouvelles voix, celle de Marc – Monsieur M –, généreuse et intègre, celle de Laurence dans un recueil – Sourdine – composé de 41 lambeaux, une poésie en quête de corps, et un ami de notre aventurisme, ismaël – Lettres à la mort –, l’infraction poétique, un ami de notre subversion éditoriale. Car c’est sans financement et en rappelant que la vente de ce numéro permettra l’impression du prochain que nous laissons les auteurs de ce numéro 7 de la revue dixit vous suspendre.



Marc Perrin - présentation




Le pâté aux pommes de terre, qu’est-ce ? — Marc se lève. La chaise en bois est patinée comme la table. Il fait trois pas, il ouvre le placard bas sous l’évier et en sort un filet de pommes de terre. Sur l’égouttoir, il attrape un économe ou un couteau d’officine. Il a les cheveux mi-courts, bruns, il a quarante ans et mesure un mètre soixante quinze, traits classiques, barbe de quelques jours où perce le gris, le corps fin sans être maigre, attentif, svelte (2009). Il porte un jean bleu coupe droite et un pull très simple. Il est assis de retour, à table, explique : le pâté aux pommes de terre ? — une recette de sa grand-mère. De l’une de ses deux grand-mères, précision, l’autre ayant fait de la recette une variante de tartiflette. Marc a choisi. Sa grand-mère, la sienne. Sa vie passée en Auvergne. Paysanne. Cheveux noirs. Son Auvergne. Clermont. Marc a les cheveux noirs. Jeune barbe, qui dessine un bouc, visage fin. Marc aurait le regard corbeau, mais — de là, voir Beckett en photo, ou les pièces empaillées au salon de Norman Bates ; de là, ne pas les voir, pareil. D’Auvergne, vient le pâté aux pommes de terre. Celles-ci sont épluchées et coupées en lamelles, réservées trois quarts d’heure dans un saladier avec de grandes poignées de sel, le temps qu’elles dégorgent. Marc fait la pâte brisée, à côté : deux boules étalées sur le couvercle de la gazinière avec une bouteille vide, l’une pour garnir le fond du plat, les pommes de terres rincées disposées dessus, l’autre pour fermer la préparation — enfournée trois quarts d’heure. Un regard de corbeau, pas vraiment : un corbeau rassuré, un corbeau qui n’est pas corbeau, Marc — un regard de corbeau indécis vis-à-vis du corbeau — un dessin effacé à la gomme dont la feuille resterait marquée : dessin de corbeau effacé avant d’être une surface blanche. D’abord une attaque, après, le retrait d’une attaque. Ce plat de sa grand-mère d’Auvergne, préparé tranquillement, en une heure et demie. Pommes de terre, pâte brisée, une paysanne, rien de trop. Ce regard de Marc : totem corbeau plus effacement du totem ; effacement qui est le totem lui-même — et sa généalogie : Beckett. Minuit. Une heure et demie à agiter ces noms, et d’autres en buvant du vin, avant que le plat ne soit prêt. Verre après verre, corbeau. Minuit. Cigarettes, disques (Björk). À l’heure prévue, Marc sort le plat du four, perce au couteau la croûte supérieure et y verse lentement deux briques de crème liquide. Le plat repose encore dix minutes avant d’être servi. Il a le goût des pommes de terre, et seulement ce goût-là, simple, relevé par la crème : goût rare, finalement délicat, masqué le plus souvent sous les sauces, lards et fromages. Le pâté aux pommes de terre. Plat de paysanne, ainsi. D’Auvergne. Du Léon, du Japon, effacé — rien en trop. Mais de ça je ne peux me passer. C’est dit calmement. Marc pointe un objet sur la table.



Frédéric Laé



Laurence Barrère - présentation




S’il s’agit ici de guérir les saisons.


S’il s’agit ici de présenter Laurence Barrère, j’oserai taire mon affection et dire que la charge d’un(e) jeune poète, sa distinction – non par rapport aux autres, mais par rapport au consentement, contre – résidera en ce que son œuvre précède son écriture, en ce que l’efflorescence emboîte le pas à l’acte d’écrire. Les terres promises sont incertaines et importent peu, déjà l’écriture de Laurence se ressent tellement émancipatrice et sa grandeur restera comme celle de Rimbaud […] d’avoir refusé le peu de liberté que dans son siècle et son lieu il aurait pu faire sien, pour témoigner de l’aliénation de l’homme […].

S’il s’agit ici de dire la poète, j’oserai taire ma fascination et parler de celle qui, comme Rimbaud, tente Laurence Barrère : la fascination du néant. Ecriture, lecture et posture face au vide, ou en d’autres termes, en vers, émerveillement devant néant. Sa grande nuance, son expression propre seront d’avoir choisi de ne pas offenser la pudeur : la dyonisie de l’ange / je veux mourir en sourdine. Pas de retenue mais une tenue pour l’auteure de Sourdine, s’entretenir avec la nuit n’astreint pas à insulter le jour.

Laurence n’est pas une poète des nues, on en tombe, mais une poète du sol ; empêcher qu’il ne se dérobe, de ce rituel quotidien sa poésie tire sa force et son éclat. Oser dire ma fascination serait témoigner de ce rituel quotidien beau et sourd comme une pulsation, montrer que les cendres dont on renaît ici ont un goût un peu particulier, celui des cendres des nuits consumées, dont le jour ne se relève, expliquer le délire de l’espérance dans le travail avec l’absence.

S’il s’agit ici de parler de sa poésie, de ce recueil, Sourdine, j’oserai taire ma familiarité et me faire simple contemporain d’une écriture qui s’applique à guérir les saisons. Celles du cœur et des corps : j’ai des envies de désir, de là cette pudeur dans cette « confunion » de l’amour avec la mort. La poésie de Laurence est, comme celle de Clara Janés, un féminin tragique ; elle s’applique à guérir les saisons. Celles des corps, trois dans ce recueil de poèmes : celui de la poète, secret et inatteint, le corps de l’autre, de l’absent, secret et inatteignable et celui de l’écriture, secret et inattingible : vers un autre signe / et / quel est le corps / qui fait irruption / dans l’encre.

S’il s’agit ici d’avertir de la (reco)naissance d’une voix, originale et transparente, j’oserai sans retour me taire.



Anthony Clément



ismaël - présentation




Nous sommes des enfants du désespoir. La poésie sans arrêt recommence l’amour et la mort et se fait naître en nous faisant naître. Ce poète écrit une poésie brute et maudite. Une poésie de subversion des valeurs. Sa poésie est toute sa vie et toute sa mort.
Une poésie pourtant travaillée depuis les origines de la poésie mais avec ses bombes de folie c’est-à-dire de vie. Irrécupérable et irremplaçable. Ce poète a un métier mis au service de la malédiction.

Tout poète sait ce qu’est l’amour car la poésie est le lieu même de la contradiction où se joue une dialectique entre le possible et l’impossible. C’est le poème qui en surgit. Un amour-chair pour un poème-chair.
La poésie reste un érotisme, c’est-à-dire un amour. Elle est le véritable amour qui désaime et déserte. « Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir. » dit René Char.

Il y a quelques temps, ce poète a traversé mon désespoir en même temps j’ai traversé le sien. La poésie est une définition de l’amour. Comment faire cohabiter les définitions ?

Le poète ne peut être aimé que du poème. Celui qui n’écrit pas de poèmes est incapable d’aimer.
C’est pour cela que le poème est un inceste. Entre celui qui l’écrit et sa mère, la poésie. Puis une mise à mort pour désirer l’autre.
Le vrai poème d’amour questionne l’impossible « une prière qui tue le dieu absent qui tue son absence ».

ismael est le poète qui pose un couteau près d’une moitié d’orange. Il dit : « même morte tu ne veux pas mourir », « ta langue tombe enceinte de mon enfant ». Il dit : « écrire c’est être déjà mort ». Il dit : « c’est la mère qu’il faut tuer et désirer le père »…

La poésie devient poésie lorsque ce qui se dit n’a pas été dit.
Des fragments de sang ici pour une prière lucide à l’impossibilité d’aimer. Un poème d’amour pour une anthologie de l’amour.


Serge Pey



jeudi 26 mars 2009

Refreins ou la nuit lancinante du poème






vendredi 27 mars 2009
vers 19:30
à L'Impro

(rue Gambetta, Toulouse)

le collectif dixit vous invite à apparaître pour assister à une mise en musique d'un recueil de poèmes, une soirée d'échanges entre les poètes du collectif et 5 musiciens du conservatoire, piano, saxophone, contrebasse, voix, vibraphone, et percussions. Une création originale en deux parties...



ENTREE LIBRE et BIENVENUE

Venez nombreux-euses






lundi 9 mars 2009

Dixit à la Cave Poésie de Toulouse






Samedi 14 Mars
à l'occasion du
printemps des poètes 2009
la cave poésie
vous propose
une soirée consacrée au collectif dixit

Programme:

PARTIE I :

  • 19h30 : Serge Pey : Présentation + lecture inaugurale

  • 19h45 : Marc Perrin : Avec monsieur M. (poème publié dans le n°7 de la revue Dixit), lecture.

  • 20h05 : Laurent Jarfer : Si nous sommes inutiles c’est pour être dangereux suivi de l’Hommage à Anna Politkoskaïa et aux journalistes russes (poème publié dans le n°6 de la revue Dixit), lecture/performance.

  • 20h30-20h45 : pause.


PARTIE II :

  • 20h45 : Florilège de textes et d’auteurs publiés dans la revue Dixit depuis son numéro 1 paru en 2005, lectures croisées.

  • 21h15 : Sourdines (poème publié dans le n°7 de la revue Dixit), Laurence Barrère, accompagnée par Matthieu Marie-Céline et Anthony Clément, lectures croisées.

  • 21h45-22h00 : pause.


PARTIE III :

  • 22h00 : Benjamin Alexandre : Marigny (rewind-play-forward) (poème publié dans le n°6 de la revue Dixit), lecture accompagnée par Jérémy Chevet de l’association Le ventre, musicien

  • 22h30 : Pierre Hunout : La traverse (poème publié dans le n°5 de la revue Dixit), lecture accompagnée à la batterie par Théo Teboul.





vendredi 20 février 2009

lecture Thierry Metz le 05/03/09 à Terra Nova




dixit et la librairie Terra Nova
vous proposent
"Un homme qui penche"
une lecture consacrée à l'oeuvre de Thierry Metz
Le Jeudi 05 Mars 2009
à 19h
librairie Terra Nova (18 rue Gambetta)

Entrée Libre

Il faut ôter son costume de lecteur pour lire la poésie de Thierry Metz, redevenir manœuvre dans le bruissement de sa propre langue, désapprendre le rythme et se confondre au silex que l'on veut dégrossir ou à l'arbre que l'on veut émonder. Il faut une paire de mains solides pour lover la parole de Thierry Metz, des mains carrelées, sculptées à même le sol, des mains suffisamment enfouies dans le réel pour pouvoir soutenir le poids qu'abrite la moindre virgule suspendue aux nombreux carrefours de sa langue. Il faut une voix de cordonnier pour chausser l'aube qui résonne dans chacun des mots de Thierry Metz, une voix de cordonnier sans bottes ou bien de serrurier sans clef. Il faut savoir se pencher un peu pour dire le poème de celui dont les silences creusent encore des alcôves au sommet de nos gorges. Ne serait ce que pour épouser la diagonale de ce refrain sans cesse tourné vers le fonds de son puits sans pour autant verser dans l'habile sensiblerie des ménestrels. Il faut enfin, Thierry, ne jamais renoncer à habiter cette cible que d'autres ont déjà traversée, oubliant au passage qu'aller au-delà des choses, c'est déjà les avoir oubliées.

Benjamin Alexandre


c'est dans cette optique, que Benjamin Alexandre et Matthieu Marie-Céline essaieront le 5 Mars dès 19h30 à Terra Nova, de partager au travers de la lecture intitulée « Thierry Metz: un homme qui penche » (basée autour d'un choix d'extraits tirés de « Lettres à la bien-aimée », « L'homme qui penche » et « Journal d'un manœuvre »), la luminosité de l'œuvre hélas trop méconnue de Thierry Metz.



jeudi 15 janvier 2009

soyons surréalistes, exigeons l'indicible







mardi 2 décembre 2008

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dixit et ombres blanches
présentent

"en coulisse de chacun"
(une lecture des textes de Laurent Jarfer, Matthieu Marie-Céline et Benjamin Alexandre)

le jeudi 4 décembre
19h
au confort des étranges
(3 rue Mirepoix)

vendredi 21 novembre 2008

"journée d'un imaginaire" samedi 29 novembre, 20h30 à l'impro

mercredi 24 septembre 2008

HAÏTI, la voix de ses enfants



Lecture radiophonique
le samedi 4 octobre
sur les ondes de Canalsud (92.2 fm)
à partir de 16h

L'île déchaînée (extrait)

Je ne suis qu'un adolescent qui cherche à se comprendre pour connaître le monde Ô vous les réverbères éteints sur les paupières du jour Ô grand midi parmi les fous illimité comme de vieux zombis en bobêche de souffrance Toutes les voix bivouaquent dans les plaines et dans la plainte des plantations Nombrils aux vents les yeux pleurants Omoplates et crânes huileux sur des bouteilles de fétiches L'aile d'ébène du soleil réchauffe la campagne et l'aveugle porte le poids de l'obscurité contre ses paupières Parias mon frère je vous suis montrez-moi la route des sources.
DAVERTIGE

Ce poème de Davertige, « L'île déchaînée » a été publié pour la première fois en 1962 dans la première édition d'Idem. Le poème a été récrit par l'auteur pour sa publication dans l'Anthologie secrète (Montréal: Mémoire d'encrier, 2003, pages 36-39).

mardi 23 septembre 2008

Editorial dixit n°6, par Anthony Clement

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Nous devons préserver les lieux de la création

Jean-Luc Lagarce

dixit, atelier de création ou la parole donnée à.

Pour ce sixième numéro, la parole donnée à trois braqueurs de sens, trois poètes qui viennent maculer de rouge le drapeau blanc d’une époque en berne : l’incarnat de la honte pour Laurent Jarfer, le rouge profond de l’affliction pour Benjamin Alexandre et le rouge saignant pour Matthieu Marie-Céline qui a finalement préféré la poésie au cannibalisme.

Il est essentiel de préserver les lieux de la création comme celui que vous tenez ouvert. Il est essentiel qu’ils soient toujours ouverts. Sans en faire pour autant un défi ou un pari impossible, et risquer d’être entaché d’erreurs par de l’orgueil missionnaire, finir par se gargariser en petit comité comme cela tend à se répandre. Sans s’adonner pour autant au terrorisme artistique, revendiquer le monde entier comme le lieu de la création. Il l’est déjà. Là n’a jamais été le problème. Préservons les lieux de la création pour l’échange, pour le partage des inquiétudes et des sourires.

dixit encore, n°6, malgré le désintérêt du grand public pour la poésie (reste le petit public), malgré les lois comptables, pour la parole, son élan et ses secrets. Pour un monde interpole.

lundi 22 septembre 2008

Laurent Jarfer - Présentation

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1 : Il est absolument certain que Laurent Jarfer se moque éperdument de la dramatologie, car c’est une science de lâches qui n’a jamais permis autre chose que de montrer aux foules la vie qu’elles ne pourront jamais se payer. Ceci est vrai pour toutes démonstrations. Sauf dans le cas explicite où cette science permet de péter les durites cérébrales de personnes qui n’avait rien demandées. Il est observable que le cas « Laurent Jarfer » agit souvent de la sorte lorsqu’il ressuscite Artaud en sacrifiant sa bouche et un piano sur la scène, comme si le son derrière le son nous appelait pour nous montrer un truc que nous ne soupçonnions pas.

2 : Il est tout autant certain que Laurent Jarfer ne fera jamais de littérature, car en vingt-cinq siècles de civilisation occidentale, nousne sommes jamais arrivés à prouver que cette technique de langue servait à autre chose qu’à draguer les étudiantes névrosées de Lettres Modernes. Ceci est vrai pour toutes démonstrations. Sauf dans le cas explicite où cette pratique participe de la manifestation universelle de l’être historique comme « activité naturelle de production technique d’un objet beau, réalisée « sous le forme » de langage par des hommes, produisant alors une vérité à propos d’un temps vécu ». Il est observable que le cas « Laurent Jarfer » agit souvent de la sorte lorsqu’il hurle ses textes, comme s’il voulait réparer l’assassinat de la liberté par les services secrets de la Fédération de Russie.

3 : Remarquons qu’il est indubitable que Laurent Jarfer ne deviendra jamais un poète, car il est impensable qu’un homme qui consacre sa vie aux muses partage le sort des travailleurs immigrés du bâtiment – Dostoïevski ne se lit quand même pas avec un marteau, jeunes gens !!! Ceci est vrai pour toutes démonstrations. Sauf dans le cas explicite où la parole est l’arène du corps, ainsi que dans le cas où le corps est l’arène de la parole, et qu’il est alors question de brouiller les pistes, afin que le chasseur de sens ne soit pas lui-même chassé par les dépositaires de copyrights. Il est observable que le cas « Laurent Jarfer » agit souvent de la sorte lorsqu’il réalise son poème en le tricotant devant des inconnus, comme s’il s’agissait pour lui de faire connaître le mythe à des européens acculturés.

Conclusion : cet homme est intéressant, il faut le lire.

Pierre-Ulysse Barranque

Laurent Jarfer - Homo Faber (extrait)

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Il faut une main
une main gauche pour écrire
danse la suprématie des os
danse le corps maquillé d’une lettre fragile
pose l’autorité femelle de la main
Il faut être manchot pour écrire
danse l’abolition officielle d’une improbable symétrie
Il faut un angle pour écrire
danse l’équerre la gueule ouverte et son combat
arpente la voix creusée par tes pieds de fougère
dépose-la attentive dans l’angle mort des murs à abattre
Il faut une côte fêlée pour écrire
il faut un angle aiguisé de morsure
de la matière dilatée
elle posa sur la table un peu de fer et de cire
on célébra l’union choisie des deux venins
des deux fissures qui sifflent
déplie les signes et les bruits de dépit allongés sur son sein
Il faut ronger ses ongles pour écrire
danse la patience du travailleur aux mains nues
ronge une de tes bouches d’ongles et d’argile sur le sol
Il faut tousser pour écrire
danse la dernière toux
rends tes organes au médecin vicieux du silence
Il faut du bois mûr pour écrire
danse le chêne tondu accoudé à la terre
tu es un tronc
il faut se ronger le tronc
inscris sur ton corps quelques branches et des feuilles de verre vierge
Il faut un crâne pour écrire
danse les idées fraîches sur l’arc des phalanges nuageuses
mon nom est Arcane
tu es le célèbre sentier cérébral détourné qui soutient l’artifice
je pense donc je crie
Il faut un couteau pour écrire
danse la main
une lame de feuille
circoncis la parole nubile
enfonce le coutre afin d’extraire les phrases de terre
(...)