AàA: Appel à Auteurs

Soucieux d'élargir les rangs de son orchestre verbivore, le collectif de poètes dixit est à la recherche de nouvelles voix. Alors, que votre tessiture soit électrique, végétale ou baroque (qu'importe le timbre, pourvu qu'il y'ait ivresse!), n'hésitez pas à vous manifester sur notre boîte mail : collectifdixit@gmail.com ou par voie postale à l'adresse suivante: Service de Gestion des Manuscrits, Association Dixit, 6/8 place du Pont-neuf, 31000 ToULoUSe!

lundi 12 novembre 2007

Editorial dixit n°5, par Anthony Clément



Une nouvelle année
pour la revue dixit ! la deuxième. Comme le veut la coutume, je, et à travers moi toute l’équipe de dixit, tiens à vous remercier, lectrice-eur-s, public. Grâce à vous, nous sommes heureux de nous dépasser d’une année supplémentaire et commençons déjà à penser à cet adage qui dit qu’au deux succède le trois.

Entre vos mains curieuses de se demander « c’est quoi au juste cette revue carrée qui s’ouvre dans les deux sens ? », voici le numéro 5, le nouveau dixit dans sa nouvelle formule, son nouveau format. Toutefois, pour nouvelle que soit la présentation, et si la revue, comme toute chose en ce monde, change, mue et se transforme, reste le combat, le même, depuis le début, celui qui creuse plus profond et en plus grand nombre des tranchées poétiques dans nos langues natales et dans tous les discours où l’haleine, mauvaise ou courte, soumet la parole.

Dans cette époque où l’urgence est dans la révolte contre les cathédrales du profit et du bénéfice à l’infini, dixit se propose de donner libre aboiement aux espoirs inquiets, aux arbres penchés pour reprendre, à mon image, le bel hommage d’Emeric de Monteynard. C’est que notre politique se considère dans le chemin de traverse, dans les épines et les ébranlements, dans les derniers sursauts d’un révolu moribond et les architectures du souvenir qui arrive, pour tout dire dans l’inadvenu à découvrir. Se pourrait-il d’ailleurs en être autrement dès lors qu’il s’agit de paroles et d’adresses ?

En privilégiant les jeunes auteurs, dixit ne cherche pas pour autant à être témoin, sinon support, de l’actualité poétique. La poésie n’est pas actuelle, elle demeure, outrepasse les temps comme tentent à le faire les guerres, en posant aux côtés des antipersonnelles ses mines de lucidité. Jeunes auteur-e-s, jeunes poète-sse-s, c’est à nous que revient la mission d’aiguiller le ciel pour tous ceux qui respirent encore, faute de pouvoir ressusciter les autres ; c’est à nous de détruire jusqu’aux substructions mêmes des pensées qui atrophient, et de reconstruire. Ce n’est pas la poésie qui est dissidente, c’est tout le reste qui l’est, c’est la vie de tous les jours qui l’est dans sa constellation d’images et de signes prostitués, dans ses meutes de fantômes, dans son iniquité légale et dans ses injures polies.

Avec politiques et la traverse, ces deux recueils qui se font face, et au-delà de leurs auteurs respectifs, Pierre Hunout et Simon Jarder-Ange, c’est un dialogue tête-bêche que nous vous présentons, car, qu’il soit fictif, imaginaire ou réel, présent ou absent, intime ou étranger, sans l’autre la poésie n’a plus de sens, sans l’autre le monde est hors-sol. Dès lors, qu’ajouter si ce n’est que dixit s’est échafaudé naturellement, avec et par les ami-e-s qui se reconnaissent comme tel-le-s ? Et que tenter de l’expliquer reviendrait, en ce qui me concerne, à parler à voix haute à mon corps. A tous les corps. Parler de dixit reviendrait à crier mais en dehors du papier, à crier l’en-dehors du papier, à crier vos textes, poète-sse-s, à les chuchoter, ami-e-s, à ouvrir tous vos tiroirs, là où se cachent les étoiles qui ouvrent les chemins.


1 commentaire:

Erica C a dit…

Merci d'avoir cité le nom d'Emeric de Monteynard et son recueil "Aux arbres penchés".
Erica C